Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a alerté mardi 24 mars 2026 sur l’apparition d’un « nouveau choc pétrolier » provoqué par la guerre au Moyen-Orient, susceptible d’affecter durablement la croissance économique. Devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le ministre a estimé que ľ’hypothèse d’une crise temporaire s’éloigne progressivement. < L’hypothèse d’une crise passagère (…) n’est malheureusement désormais plus d’actualité », a-t-il déclaré.
Selon lui, le conflit a entraîné une perturbation significative des approvisionnements énergétiques mondiaux, avec entre 15% et 20% du pétrole et 20% du gaz naturel liquéfié qui n’arrivent plus sur les marchés. Cela représente environ 11 millions de barils de pétrole en moins par jour pour l’économie mondiale.
M. Lescure a averti que si cette situation perdure, elle pourrait avoir des répercussions plus larges et systémiques sur l’économie. Il a précisé qu’une hausse durable de 10 dollars du prix du baril pourrait entraîner une baisse de 0,1 point de la croissance française et une augmentation de 0,3 point de l’inflation.
Dans un scénario où le baril se maintiendrait autour de 100 dollars, l’impact négatif pourrait atteindre jusqu’à 0,4 point de croissance et un point d’inflation. Dans le même contexte, l’Institut national de la statistique et des études économiques a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les deux premiers trimestres de 2026, désormais estimées à 0,2% contre 0,3% précédemment, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures. L’institut anticipe également une reprise de l’inflation. Interrogé sur une éventuelle révision du budget de l’État, le ministre a indiqué qu’il était << trop tôt > pour se prononcer, renvoyant à un comité d’alerte prévu le 21 avril.
Dodo Samadou
