Le mercredi,13 mai 2026, la capitale guinéenne abrite la tenue de l’ouverture des audiences foraines prévues du 15 au 18 mai 2026. Ces travaux précèdes des journées d’une mission de sensibilisation de la Cour de Justice de la Communauté CEDEAO qui se sont déroulés pour deux jours les 13 et 14 mai.
C’est une première en Guinée pour la Cour de Justice de la CEDEAO de délocaliser ces audiences foraines à Conakry.
Mais cette mission à Conakry avait pour un objectif celui de faire connaître la cour de justice, son mécanisme de fonctionnement (comprendre son mandat, sa compétence et ses procédures) afin de renforcer sa visibilité, son accessibilité et l’engagement.
Au cours de ces rencontres tenues à la salle du 28 septembre plusieurs activités de sensibilisation réunissent magistrats, avocats, étudiants en droit, membres du gouvernement et représentants d’institutions communautaires autour de sessions techniques, de débats interactifs et de dialogues judiciaires.

Dès l’ouverture des séances de travail, Dr Yaouza Ouro-Sama, le greffier en chef de la Cour de justice de la CEDEAO,, a remercié les autorités guinéennes pour l’accueil réservé à la délégation communautaire tout en profitant de l’occasion pour saluer leur implication dans l’organisation de l’événement.

« La Cour de justice de la CEDEAO constitue le principal organe judiciaire de la Communauté. Elle intervient notamment dans les litiges liés à l’interprétation des textes communautaires, aux droits de l’homme, aux différends administratifs et à l’arbitrage. Son mandat le plus important est sans aucun doute celui relatif aux droits de l’homme. Près de 90 à 95 % des affaires introduites devant la Cour concernent des violations des droits fondamentaux », a-t-il indiqué
Il a souligné que la Cour de Justice de la CEDEAO n’est pas en concurrence avec les juridictions nationales. Plutôt, elle souhaite entretenir des relations cordiales avec les juridictions nationales des États membres.
Présent à cette cérémonie, Ibrahima Sory II Tounkara, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, garde des Sceaux, s’est réjoui à plus d’un titre pour la tenue de cette rencontre délocalisée à Conakry. Il estime que la tenue de ces audiences foraines en Guinée témoigne de l’engagement de la CEDEAO à renforcer l’État de droit et l’intégration juridique dans l’espace sous-régional.
« La tenue de cette audience hors siège dans notre pays, pour la première fois, constitue un témoignage éloquent de l’engagement de la CEDEAO à rapprocher la justice communautaire des citoyens guinéens. Elle traduit également la volonté commune de renforcer l’Etat de droit , la protection des droits de l’homme et l’intégration juridique dans notre espace sous-régional », a-t-il dit
De son côté , le président de la Cour de justice de la CEDEAO, le juge Ricardo C. M. Gonçalves, dans son discours circonstancié rappelé que la Cour offre un accès direct aux particuliers et aux organisations non gouvernementales pour faire recours aux dossiers relatifs aux violations des droits humains.
« Ce mécanisme a ouvert les portes de la justice régionale aux citoyens ordinaires et renforcé la confiance dans la responsabilité supranationale. La Cour a rendu plus de 200 arrêts depuis le début de ses activités en 2003, notamment dans les domaines des droits de l’homme, des détentions illégales, des litiges électoraux, de la liberté d’expression et des questions environnementales », a-t-il rappelé
Cette cérémonie jugée d’une importance significative pour la Guinée à été ponctuée par la présence du premier président de la Cour Suprême, Fodé Bangoura, il a reçu tous les honneurs en présidant l’ouverture des travaux. Pour sa part, il estime que cette rencontre contribue à renforcer l’appropriation du droit communautaire par les acteurs nationaux.
« La Cour de justice de la CEDEAO constitue un instrument essentiel de garantie de l’État de droit, de protection des droits humains et de régulation des rapports entre les États membres, les institutions communautaires et les citoyens », a-t-il déclaré.
Cette rencontre à Conakry revêt un caractère tout particulier celui de rapprocher les citoyens guinéens afin qu’ils comprennent les mécanismes de fonctionnement de la Cour et les procédures de saisine.
Par Fodé Touré pour anoumabo.com
