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« Je ne dirai rien à Mariette ! », un cri littéraire de Tidiss Koné contre les silences complices

« Je ne dirai rien à Mariette ! » ne se contente pas d’être un simple ouvrage à parcourir. Mais c’est aussi un livre qui interpelle et qui laisse une empreinte durable dans l’esprit du lecteur.

Quatrième publication de Tidiss Koné, il impressionne par l’intensité de son propos. Bien que relativement bref, une centaine de pages, il porte une forte densité émotionnelle et morale.

Paru en 2024 aux éditions Kanù, cet ouvrage s’inscrit dans la continuité d’un parcours littéraire marqué par une profonde sensibilité humaniste. L’écriture de l’auteur, à la fois directe et pleine de compassion, s’attache à scruter les contradictions et les fragilités du monde contemporain.

Un écrivain engagé dans la promotion de la culture

Connu à l’état civil sous le nom de Bouakari Sidiki Koné, Tidiss Koné est enseignant de formation et passionné de littérature. Au fil des années, il s’est imposé comme une voix attentive aux réalités sociales et comme un fervent défenseur de la culture africaine.

Depuis la sortie de son premier livre en 2018, il n’a cessé d’explorer, à travers ses récits, les tensions et les questionnements qui traversent la société actuelle. Son itinéraire littéraire est jalonné d’œuvres qui ont marqué son public :

  • Au-delà des barrières (Éditions EDN, 2018)
  • La fille aux mille couleurs (Éditions GNK, 2019)
  • À qui la faute ? (Éditions Bourgeons de Rose, 2021)

Ces publications lui ont valu une reconnaissance au niveau international. Il a notamment été distingué par le Prix du Meilleur Jeune Écrivain Africain aux African Talents Awards en 2018 et en 2022. En 2023, son travail a également été salué par une nomination aux WECANDA Awards dans la catégorie Arts et Divertissement.

Au-delà de l’écriture, Tidiss Koné s’investit activement dans la promotion du livre et de la culture. Il est Président-Fondateur de l’ONG Les Citoyens du Livre et des Arts du Denguélé, ainsi que Commissaire général du Festival du Livre et des Arts du Denguélé (FESTILAD), une initiative visant à encourager la lecture et l’expression artistique.

Une plongée dans les contradictions humaines

Dans « Je ne dirai rien à Mariette ! », l’auteur propose une série de récits parfois surprenants, souvent troublants. La sociologue Laurence Jutras, qui signe la préface depuis Montréal, évoque d’ailleurs des histoires pleines de rebondissements qui révèlent les paradoxes de la condition humaine.

Le lecteur est entraîné dans un univers où les émotions se succèdent : rire, indignation, tristesse ou encore étonnement. Les thèmes abordés sont multiples et reflètent les réalités sociales : mensonge, infidélité, violences dans le couple, corruption ou hypocrisie.

Mais derrière ces situations se cache une réflexion plus profonde. L’auteur interroge la place de l’homme dans le monde et sa tendance à vouloir dominer tout ce qui l’entoure.

L’être humain cherche-t-il à prendre la place du Créateur ?

Dans ce contexte, les fonctions sociales ou les titres prestigieux, qu’il s’agisse de responsables politiques, de leaders religieux ou de figures d’autorité, ne suffisent plus à garantir l’exemplarité morale.

L’œuvre pose alors la question de savoir qui doit être tenu responsable de ces dérives ?

La société elle-même ?

Les individus qui la composent ?

Ou encore le silence complice qui entoure certaines injustices ?

Une littérature qui invite à réfléchir

Avec « Je ne dirai rien à Mariette ! », Tidiss Koné poursuit son exploration des faiblesses humaines et des dérives sociales. Son écriture, accessible et sensible, permet au lecteur de s’immerger dans des histoires qui, bien que fictives, rappellent souvent des réalités bien présentes.

Au fil des pages, l’auteur nous conduit dans les zones d’ombre de la société tout en nous invitant à réfléchir sur nos propres attitudes.

En à peine cent pages, le livre agit comme un révélateur. Il secoue les certitudes, pousse à la réflexion et invite à porter un regard critique sur le monde qui nous entoure.

À travers cette nouvelle publication, Tidiss Koné rappelle que la littérature peut être bien plus qu’un simple divertissement, elle peut devenir un outil de conscience et d’engagement citoyen.

Et une fois la dernière page tournée, le lecteur comprend que certaines vérités ne peuvent plus être tues.

Akina Dekouassi

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