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Guinée : Les audiences foraines de la Cour de Justice de la CEDEAO s’ouvrent à Conakry

En Guinée,  Les audiences foraines de la Cour de Justice de la CEDEAO se sont ouvertes ce vendredi, 15 mai 2026, au Tribunal Criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d’appel de Conakry.

Cette  cérémonie d’ouverture a été présidée par le Premier Président de la Cour suprême de Guinée, en présence des personnalités notamment du ministre de la Justice, du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, ainsi que les corps diplomatiques. La délégation de la CEDEAO est conduite par le président de la Cour, le Juge Ricardo González

La tenue de ces audiences foraines s’inscrit dans la mission de la Cour de Justice de la CEDEAO, celui de se rapprocher des communautés qui n’ont pas accès à la Cour et qui n’ont aucune connaissance en ce concerne les procédures de saisine et voies de recours. Mais ces audiences hors siège constituent une plate-forme privilégiée de dialogue entre les parties prenantes.

Dr Yaouza Ouro-Sama, le greffier en chef de la Cour de justice de la CEDEAO a remercié les autorités guinéennes pour l’accueil qu’elles leur a réservé mais aussi les dispositifs mis en place pour la tenue de cette activité judiciaire qui revêt d’une importance capitale pour la Cour de Justice de la CEDEAO.

Il a indiqué que l’organisation de ces audiences foraines constitue à n’en point douter l’une des initiatives dit-il les plus emblématiques et la plus porteuse de la vision de la Cour de justice de la CEDEAO. Dans son allocution, ce chef de greffe de la Cour de justice de la CEDEAO rappelle qu’au-delà de la mission juridictionnelle, la cour s’est engagée dit-il : « à rapprocher la justice communautaire des citoyens de l’espace CEDEAO afin de rendre ses mécanismes plus accessibles, plus visibles et efficaces au service des peuples de notre communauté. Cette initiative répond à une réalité bien commune en ce que de nombreux citoyens communautaires en particulier les personnes vulnérables, les populations éloignées du siège de la cour à Abuja rencontrent souvent des difficultés financières, matérielles ou logistiques pour accéder à la justice communautaire. » a souligné Dr Yaouza Ouro-Sama, le greffier en chef de la Cour de justice de la CEDEAO

Devant ces pairs, Me Mamadou Souaré Diop, le Bâtonnier de l’ordre des Avocats de Guinée, dans sa prise de parole à saluer l’avènement d’une justice qui se déplace vers les peuples pour les écouter. Selon lui, l’initiative vise à renforcer la coopération juridictionnelle non seulement pour assurer une meilleure harmonisation des pratiques judiciaires, une meilleure exécution des décisions de communautaire et une meilleure diffusion de la culture du droit des Etats argue-t-il

Et d’ajouter  : « Le Barreau régulier, pour sa part, réaffirme sa disponibilité entière à accompagner toutes les initiatives relatives à la licence, du renforcement de la culture juridique communautaire, de la promotion des droits humains, de la formation continue des avocats, de l’accès effectif à la justice et de la consolidation de l’indépendance de la justice dans notre sous-région. » a dit Me Mamadou Souaré Diop

Le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères de l’intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Abdoulaye Youla, a réaffirmé l’attachement de la Guinée aux idéaux de paix et de solidarité de la CEDEAO.

« Cette audience est une illustration concrète de la volonté de la CEDEAO de rapprocher les institutions des citoyens. La justice communautaire joue un rôle essentiel dans la préservation de la stabilité et de la confiance entre les États membres », a-t-il martelé.

En sa qualité du Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara a souligné que cette audience a une portée à la fois symbolique et historique de cette session régionale.

Il a profité de cette tribune pour relever ainsi certains défis institutionnels majeurs de la Cour, dont : l’absence d’un double degré de juridiction notamment le mécanisme d’appel, la brièveté du mandat des juges de quatre ans, ainsi que les difficultés liées à l’exécution effective des décisions de la Cour par les États membres.

« La tenue de ces audiences en Guinée revêt une portée historique. Toutefois, l’efficacité de la justice communautaire appelle à une réflexion sur certains défis : l’absence d’un mécanisme d’appel au sein de la Cour, la brièveté du mandat des juges et les difficultés d’exécution des décisions. J’invite les experts à formuler des propositions pour renforcer la crédibilité de notre institution », a-t-il invité.

Le Président de la Cour de justice de la CEDEAO, le Juge Ricardo González, a exprimé sa gratitude envers le peuple guinéen. Il a précisé que cette mission comporte trois objectifs, à savoir : Approfondir l’accès direct à la justice ; Sensibiliser le public aux procédures communautaires ; Renforcer le dialogue judiciaire pour une harmonisation des normes.

« La justice communautaire doit être accessible à tous les citoyens, indépendamment des frontières nationales. Cette session n’est pas qu’une fonction juridique, il s’agit de garantir que les citoyens comprennent notre mandat et puissent accéder à nos services sans entraves. Nous voulons renforcer le dialogue judiciaire avec les juridictions nationales, élément indispensable pour l’application effective du droit communautaire », a-t-il indiqué,

Procédant  officiellement à l’ouverture des travaux de cette session, Fodé Bangoura, Premier Président de la Cour suprême, a exprimé toute sa gratitude à l’endroit  de la Cour de Justice de la CEDEAO pour le choix porté sur la Guinée permettant d’abrier ces audiences hors siège. Pour lui, ce choix n’est pas un fruit du hasard plutôt c’est une marque de responsabilité et de confiance. Tout de même, il souligné la dimension pédagogique de cet événement.

« L’organisation d’une audience hors siège participe à la démystification des mécanismes de saisine de la Cour. Elle matérialise le principe d’accessibilité et affirme la vocation de la Cour à être une juridiction ouverte, pleinement engagée dans la protection des droits fondamentaux au sein de l’espace communautaire », a indiqué le président de la Cour suprême.

Du 15 au 18 mai, la Cour de Justice de la CEDEAO va procéder à l’examen minutieux des dossiers  afin de montrer aux hommes de droits guinéens comment elles font pour étudier les cas qui sont devant la Cour.

Par Fodé Touré pour anoumabo.ci

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