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5e anniversaire du C2D : La fête fut belle !

Le 28 juin 2018, la Primature de la République de Côte d’Ivoire recevait du beau monde à l’occasion de la célébration des 5 ans du Contrat de désendettement et de développement (C2D). Revivez la célébration de l’important anniversaire comme si vous y étiez.

Têtes couronnées, gouvernement ivoirien, officiels français, partenaires au développement, élus locaux, presse, société civile…personne n’a voulu se faire conter l’événement : la célébration des 5 ans du C2D. C’est l’auditorium du “Matignon d’Abidjan’’ qui a accueilli l’essentiel des activités.

Une forte coloration culturelle ivoirienne

La cérémonie officielle, fortement marquée par la culture et l’art s’est ouverte par l’interprétation, aux balafons et tam-tam par la troupe symphonique Djarabikan, des hymnes nationaux de la Côte d’Ivoire et de la France. A sa suite, Bomou Mamadou, le maitre de la parole, avec sa dextérité à plier la langue de Molière a souhaité la bienvenue à tous les hôtes, soutenu par un tambour parleur.

S’est ensuite ouverte la série des allocutions.

Intervenant à tour de rôle, Koffi Ahoutou Emmanuel (Directeur de Cabinet du Premier ministre, président du Comité technique bilatéral du C2D et du comité d’organisation du 5e anniversaire) ; Hélène Gnionsahé (coordinatrice nationale de la Convention de la société civile ivoirienne, CSCI) ; Jean-Jacques Guigon (conseiller confédéral pour l’Afrique de la confédération générale du travail française) ; Delphine Geny-Stephann (Secrétaire d’Etat auprès du ministre français de l’Economie et des Finances) et Amadou Gon Coulibaly (Premier ministre, président du Comité d’orientation et de suivi du C2D), ont  salué les grandes avancées réalisées grâce à la coopération franco-ivoirienne qui a atteint son plus haut niveau avec le mécanisme innovant du C2D.

Le C2D, bien plus qu’une aubaine…

En effet, cette nouvelle forme de financement des projets de développement et de lutte contre la pauvreté consiste en une reconversion de la dette publique ivoirienne vis-à-vis de la France. A l’atteinte par la Côte d’Ivoire du point d’achèvement de l’initiative PPTE en juin 2012, 6000 milliards de la créance française a été annulée. Les 1900 milliards de FCFA restants ont été investis, au fur et à mesure qu’ils étaient remboursés dans l’éducation, la santé, la formation et l’emploi des jeunes, le soutien de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, les voiries, l’agriculture, le développement rural, la préservation de  l’environnement et de la biodiversité…

En 5 ans, ce sont plus de 1216 milliards de francs CFA qui ont été engagés au profit d’1,5 millions d’hommes, de femmes et d’enfants des villes et villages de Côte d’Ivoire. Un film d’une vingtaine de minutes retraçant les projets réalisés depuis la signature du 1er C2D,  avec à l’appui des témoignages de bénéficiaires, a été projeté durant la cérémonie. Centres de santé, écoles, routes rurales, routes intra et inter-urbaines, ponts, activités génératrices de revenus, bourses d’études, accès à l’eau potable pour tous…Le moins que l’on puisse en dire, c’est que l’impact est plus que palpable et la satisfaction des populations réelles.

…Mais pas une panacée

Des dysfonctionnements existent toutefois et ils ont été soulignés par les représentants de la société civile de Côte d’Ivoire et de France.

Pour Hélène Gnionsahé, les organes de coordination et de suivi des projets C2D (UCP et CSP) sont mis en place et fonctionnent au détriment de l’administration et des collectivités.

Jean Jacques Guigon, lui, a laissé entendre que : « Le C2D a trop souvent la couleur du béton et l’odeur du goudron », en référence aux résultats du suivi effectué sur le terrain par les ONG. Il a aussi plaidé pour que l’Etat ivoirien veille à « assurer la pérennité et la viabilité de tout ce qui se construit et se construira encore grâce au C2D 3 ». « La dette extérieure ivoirienne a augmenté de plus de 202% depuis 2012…Et l’on constate qu’elle (la Côte d’Ivoire, ndlr)  recourt de plus en plus aux eurobonds et emprunts obligataires à des taux inconsidérés. Cette augmentation du niveau d’endettement du pays, dans un contexte général de réendettement massif en Afrique subsaharienne est à l’évidence une question majeure », a-t-il poursuivi, appelant à un profond débat entre pouvoir et ONG.

En réponse, la secrétaire d’Etat française a souligné que : « L’aide au développement française est une priorité, mais la priorité dans l’aide au développement c’est l’Afrique ». Amadou Gon Coulibaly, pour sa part, s’est dit ouvert à tout échange  avec la société civile ivoirienne sur les questions engageant le bien-être commun. La cérémonie a également été marquée par la récompense de 4 écoliers (3 filles et 1 garçon) de l’intérieur du pays, lauréats de concours de poésie et dessin sur le thème « Mon école de rêve ».

Autres activités de cette célébration de la coopération agissante franco-ivoirienne : une exposition photo des principaux projets C2D, la troisième réunion du Comité d’orientation et de suivi du C2D, la signature d’une convention d’affectation sur le deuxième C2D du projet Ecoter visant à améliorer les conditions de vie des populations de 8 régions pilotes et une conférence-débat. Animée par les ministres Amadou Koné (de l’économie et des finances), Kandia Camara (de l’éducation nationale), Bakayoko-Ly Ramata (de l’enseignement supérieur) et Raymonde Goudou Koffi (de la santé), elle portait sur l’accompagnement par le C2D des réformes des secteurs sociaux en Côte d’Ivoire, plus singulièrement l’éducation et la santé.

Elsa Dagnogo

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