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Nouveau gouvernement : L’opposition a-t-elle dribblé Ouattara ?

Depuis quelques jours, il se racontait que les tractations étaient en cours avec l’opposition pour la constitution d’un gouvernement de large ouverture. Mais Patrick Achi a finalement dû faire sans elle. Qu’est-ce qui n’a donc pas marché?

Depuis hier mardi 06 avril, le gouvernement du tout nouveau premier ministre est connu.

Un gouvernement à très forte coloration RHDP.

Le premier constat que l’on fait quand on y jette un regard observateur est que ce gouvernement est essentiellement drapé aux couleurs du Rassemblement des Houphouetistes pour la Paix, il est largement dominé par des personnes issues du parti au pouvoir RHDP. Le RHDP s’est taillé la très grosse part de l’éléphant ou j’allais même dire l’éléphant entier. C’est sûr, le champagne a coulé à flot dans les salons huppés des personnes nommées afin de célébrer leurs nominations. Parents, amis et connaissances seront de la partie pour peter le champagne dans une ambiance festive. Ceux qui ne seront pas présent manifesteront leur joie à leur manière à distance. En tout cas c’est la fiesta du côté du parti au pouvoir! Mais une fiesta unicolore pour certains observateurs qui auraient bien voulu voir également des scènes de liesse au PDCI et au FPI. L’opposition n’y est pas représentée.

Les rumeurs d’un gouvernement d’union

La presse ivoirienne et même internationale avait annoncé qu’après les législatives, Alassane Ouattara allait s’atteler à mettre en place un gouvernement d’union nationale. L’objectif étant de donner un bon coup d’accélérateur à la réconciliation nationale.

Mais à l’arrivée, ce ne sont que les couleurs du RHDP qui sont en vue au nouveau gouvernement. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. En effet, le chef de l’État ivoirien voulant donner à l’international, l’image d’une Côte d’Ivoire désormais réconciliée avec elle-même après la grave crise qu’elle a connue lors de la présidentielle d’octobre 2020, aurait instruit Patrick Achi, pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Malheureusement, cette démarche n’a pas eu le résultat escompté. Car le nouveau premier ministre a buté contre le refus catégorique de certains leaders de partis de l’opposition et des organisations de la société civile. Des rumeurs disants qu’une négociation avec le FPI version Affi laissaient croire que l’opposition allait sûrement être représentée dans gouvernement Achi 1 avec le FPI. Des négociations auraient également eu lieu avec PDCI mais ces pourparlers avec le sphinx de Daoukro n’ont rien donné.

Une opposition catégorique?

Selon certains observateurs l’opposition est catégorique. Elle exige le respect des engagements pris lors du dialogue politique initié et conduit par son chef du gouvernement d’alors, Hamed Bakayoko. Parmi ses revendications figure: La libération de tous les prisonniers ayant un lien direct avec les différentes crises politiques qu’a connues la Côte d’Ivoire ces dix dernières années. L’arrêt des poursuites judiciaires contre certains leaders de l’opposition pour leurs opinions et le retour sécurisé des exilés ivoiriens en Côte d’Ivoire. Mais ces engagements pris pas le président de la république n’ont malheureusement pas été respectés à la grande déception de l’opposition.
Faisant le bilan de tous ces engagements non respectés, les leaders de l’opposition contactés pour faire partie du nouveau gouvernement non seulement se sentent trahis et floués. Mais plus encore, ils voient un piège plutôt dans la démarche du président Alassane Ouattara dont l’objectif poursuivi, selon l’entourage de certains d’entre eux, est de créer une rupture entre le sommet et la base des partis politiques. Dans ces conditions, il était quasi impossible de rentrer dans un tel gouvernement.

Toutefois, l’opposition elle-même se sent-elle vraiment dans le besoins urgent d’intégrer le nouveau gouvernement?

C’est plus que plausible qu’elle n’est intéressée quant à intégrer le gouvernement. Avec ce résultat moyens aux élections législatives, l’opposition sait qu’elle a des chances de reconquérir le pouvoir.  Ce résultat a permit de teinter un peu plus le parlement toujours aux couleurs du RHDP. Pourquoi donc ne pas attendre en faisant l’impasse sur les arrangements républicains pour récupérer le pouvoir en 2025? Elle n’est certainement pas intéressé.

Une opposition tournée vers l’avenir avec des calculs  d’espoir?

Bientôt en 2023, à l’occasion des élections municipales, elle compte étendra encore plus son influence. En plus, avec le retour de Gbagbo les choses risquent de sourire grandement à l’opposition pour l’élection présidentielle 2025. Si l’on voit les choses sous cet angle, on pourrait aisément conclure que l’opposition a tout simplement refusé l’offre du pouvoir. Certes, la tentation était forte mais  l’opposition ivoirienne y a fait face. Et en conséquences le gouvernement d’union nationale préconisé par le président de la République n’a tout simplement pas lieu. Mais cette opposition souvent incohérente va-t-elle résister à la tentation pour combien de temps? Attendons de voir la suite…

                                          Une analyse de Marcos Podé

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