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[Interview] Zongo Seydou dit Zedess, Directeur Général du Centre National des Arts du Spectacle et de l’Audiovisuel du Burkina Faso (CENASA)

A l’état civil Zongo Seydou et pour les adeptes de l’art, Zedess. Homme de culture, il est auteur-compositeur et interprète. Depuis mars 2016, il est le Directeur Général du Centre National des Arts du Spectacle et de l’Audiovisuel(CENASA) du Burkina Faso. Président de la commission d’animation à la 14édition du Salon International de Ouagadougou (SIAO) tenue du 28 octobre au 6 novembre dernier, l’artiste a répondu avec intérêt aux questions d’Anoumabo.com.. En quelques mots, pouvez-vous nous parler des missions du centre? Nous travaillons à promouvoir tout ce qui est spectacle vivant. Aller dans le sens de la création artistique du terroir, établir des passerelles avec le pays et d’autres institutions. Quelles infrastructures disposez-vous pour le faire? Ici, il y a une salle de spectacle à gérer, un théâtre polyvalent et un studio d’enregistrement pour des enregistrements, des réalisations de clip vidéo et documentaire. Puis, des ensembles artistiques nationaux divisés en deux. D’un côté le ballet puis un orchestre qui est supposé faire des animations mais tout cela reste à redynamiser. Tout ce qui tourne autour de l’art comme les compétences humaines sont aussi des infrastructures. Comment votre organigramme est-il conçu? D’abord, ce qu’il faut savoir, nous sommes des prestataires de service. Avec administration, des ensembles artistiques et nationaux, nous sommes une soixantaine. Sinon l’administration simplement nous devons tourner autour d’une quinzaine de personne.Nous avons aussi des contractuels et des fonctionnaires de l’Etat. N’importe qui peut venir louer le théâtre, le matériel de sonorisation, de lumière ou le studio pour travailler. Quel est votre bilan à mi-parcours? Cette année, l’objectif premier était de rénover et d’innover le centre, et c’est ce que nous faisons. Depuis le mois de mai, je casse tout, d’aucuns s’amusent à m’appeler DG maçon. C’est pour dire que le CENASA est en total réfection. Quels sont les chantiers que vous avez déjà entamés? Il y a eu de gros problèmes d’étanchéité, d’électricité et d’acoustique à résoudre,ce qui faisait que le centre n’était pas trop fréquenté. On a déjà commencé à s’attaquer à tout ce qui est acoustique, peinture etc. Beaucoup a été fait mais reste encore à faire. Nous espérons que début décembre, nous pourrions inaugurer ce que j’appellerai le CENASA new-look. En 2017, on montera en puissance. Ce sera une sorte de renaissance. Quel est votre regard sur le secteur culturel en général? La culture c’est le ministère le plus important dans un pays parce que c’est ce qui reste lorsqu’on a tout perdu. Quand vous prenez les récents rapports écrits par l’Ascad, je crois qu’en termes d’emploi, la culture tient une très bonne place. Dans une période de mondialisation, il est important de savoir d’où on vient, ce qu’on fait, où on a envie d’aller et la culture représente ce socle-là, c’est un peu la boussole. Il y a des pays comme la Côte d’Ivoire où l’impact et l’effet psychologique du travail des artistes tels Alpha Blondy, Magic system sont importants. Comme quelqu’un le disait, Youssou N’Dour a fait venir plus de touristes au Sénégal que peut-être certains chefs d’Etat. On a parfois un certain mépris pour les Hommes de culture en Afrique. On ne leur donne pas toujours la place qu’il faut à mon avis, c’est mon petit coup de gueule. En parlant d’hommes de culture, quels sont vos rapports avec les artistes du terroir? Super ! Je suis le bon vieux père que les jeunes et mes promotionnels respectent. J’ai toujours le souci de mettre tout le monde dans mes festivals. Quand je peux, j’accompagne les uns et les autres dans leurs différents projets artistiques, je le fait avec beaucoup de plaisir. Ici je consacre deux jours dans la semaine pour l’administration et les autres pour les artistes sans exiger de rendez-vous au préalable. Je me mets à leur place, ce n’est pas sympa qu’on vienne voir le DG, qui est lui-même un artiste et se voir refuser l’accès. Pour moi, c’est une barrière psychologique qui n’est pas très supportable. Existent-ils des exigences dans le milieu de l’art? Contrairement à ce qu’on pense c’est un métier avec des exigences, il y a un volume de travail à respecter pour les artistes qui s’y mettent au sérieux. C’est très difficile mais, tôt ou tard, cela fini par payer. Il y a des gens qui ont connu le succès à l’orée de leur vie casée. Les gens veulent être une star. Moi ça ne m’intéresse pas d’être une star mais plutôt d’être un artiste. Il y a beaucoup d’appelé et peu d’élus, la concurrence bat son plein, car c’est un métier de passion. Ce n’est peut-être pas rapide comme les autres secteurs d’activité mais, lorsque vous travaillez bien, vous finissez par être reconnu de par votre travail. Vous qui êtes homme de culture, pensez-vous que le métier d’artiste nourrit son homme? Quand on choisit de vivre d’art, il faut être patient, je sais de quoi je parle. Cela fait 23 ans que je fais ce métier. Lorsque vous êtes pressés de gagner de l’argent, surtout ne venez pas dans ce monde. Les disques ne se vendent plus comme de petits pains, il reste donc la scène. Les bons artistes vivent de spectacles c’est pour cela que le CENASA est important, parce que c’est un centre d’art et de spectacle…Pour revenir à votre question,ça dépend, cela fait cinqmoisque je suis ici et je n’ai pas l’impression de vivre moins mieux qu’un fonctionnaire. Votre regard sur les technologies de l’information? J’encourage toute cette jeunesse bouillante qui n’hésite pas à l’offre des Tics mais contribue très sérieusement à faire la promotion de la culture africaine et moi je ne peux que les y encourager car, c’est notre caisse de résonnance. Donc tout ce qui est médias concourent à faire connaître les hommes de la culture, c’est aussi un sacerdoce. Ce n’est pas toujours évident, c’est des métiers de passion et comme le dit le philosophe Hegel, «rien de grand ne se fait sans passion». Quels Conseils pouvez-vous donner aux jeunes artistes? Il faut beaucoup de travail et de patience. Il faut éviter la facilité. C’est vrai qu’aujourd’hui les nouvelles technologies permettent de faire un album en une journée avec des logiciels mais ce n’est pas ça être professionnels. Aujourd’hui on fait des disques puis, on se rappelle qu’il faut assurer sur scène. Ce n’est pas avec ça qu’on construit une carrière.  Il faut que les jeunes apprennent toutes les ficelles du métier.                                                                                                                                                                                                                                                                                             Réalisée par Mikeinfo

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